L'Amulette (pour construire un château, il faut un terrain où le mettre)
L’Amulette (pour construire un château, il faut un terrain où le mettre) est la deuxième création scénique portée par Yasmine Yahiatène. Ici, elle décide que le silence est d’or, que nous n’avons pas besoin de mettre des mots sur tout. Elle sait que, dans un monde violent, certains silences ont protégé et parfois sauvé. Il ne s’agit plus de les briser, mais de les accueillir et de les transformer librement et de façon radicale en espaces réparateurs de fiction, de poésie et de magie.
Sur scène, Yasmine invite une équipe artistique dont les trajectoires se croisent dans des expériences communes de marginalité(s). Pour parler d’elle, de nous, Yasmine décide de porter un/des masques et de co-construire un projet collectif pour quatre interprètes en mélangeant son univers plastique à celui d’autre, comme elle, en marge. Ensemble, iels assument que leurs histoires sont faites comme des gruyères : fragmentées, trouées et incomplètes. Elle érige son/leur histoire dans un terrain imaginaire peuplé d’oliviers et de lavande ; mais aussi de fleurs artificielles, de personnages masqués, dessinés aux feutres magiques ; de sons récoltés, inventés, transformés ; d’archives et de films rembobinés, usés, déformés.
L’Amulette (pour construire un château, il faut un terrain où le mettre) prendra la forme d’un conte, inspiré de ceux de Mouloud Mammeri, de Shakespeare, et des « J’aime lire » de nos enfances. Dans une civilisation qui privilégie l’écriture, la parole et la rationalité, la pièce cherche à retrouver la dimension invisible et unitaire du monde magique qui nous entoure, celle que les traditions orales, les peuples de la nature et les enfants n’ont jamais cessé d’habiter.
